sept 26

Artnimal ou l’art idiot

Il y a quatre ans, dans sa leçon du 16 janvier 1974 sur le pouvoir psychiatrique, Michel Foucault décrivait le processus qui amena les médecins du 19ème siècle à considérer l’idiotie comme une anomalie. « L’idiotie n’est pas une maladie, c’est un état dans lequel les facultés intellectuelles ne sont pas ou peu développées » nous dit Esquirol. Dès lors, l’idiotie est assimilée à l’anormal, et tous ceux qui pouvaient représenter un danger pour la société ou tous ceux atteints d’une perversion pouvaient être internés. L’anthropologie criminelle a elle-même désigné la grande partie des criminels, ivrognes ou prostituées comme des imbéciles de naissance. Un nom et un visage sont donc mis sur les maux de la société : l’idiotie. Jules Dencèle, pionnier de l’Artnimal, puise dans le séminaire de philosophie de Foucault ces représentations aujourd’hui passées dans l’imaginaire collectif. L’artiste adopte la figure de l’idiot et décide de représenter cette dégénérescence de l’homme prétendument dangereuse – car immorale - par le prisme de la dérision. Il ose pousser l’homme dans ses retranchements, le renvoyant à son statut d’animal pensant. Sans exprimer le moindre sentiment de compassion pour les personnages qu’il met en scène, l’Artnimal réduit l’homme à un être potentiellement défaillant, un pantin sans âme dirigé par un dessinateur fou lui dictant les bêtes à imiter : élan, paresseux, éléphant… Les œuvres présentées dans cette exposition ne tentent pas d’échapper au ridicule. Au contraire, elles affichent la régression comme une banalité, montrent des crétins assumés dont les comportements sont justement ceux qu’on nous apprend à refouler.

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Jules Dencèle
sans titre, 1977
mine de plomb sur papier
75 x 75 cm

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Jules Dencèle
sans titre, 1977
mine de plomb sur papier
75 x 75 cm

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Jules Dencèle
sans titre, 1977
mine de plomb sur papier
75 x 75 cm

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Jules Dencèle
sans titre, 1977
mine de plomb sur papier
75 x 75 cm