déc 03

Savoir tracer des lignes : Sol LeWitt

Sol LeWitt (1928-2007) savait-il toujours tracer des lignes à la fin de sa vie ? La question peut se poser, puisque la plupart de ses œuvres ont été réalisées par des assistants à partir d’indications et de contrats délivrés par l’artiste dans une logique profondément conceptuelle.

Ce sont pourtant les lignes, droites ou obliques, qui définissent tout le travail ou presque de Sol LeWitt. Dessins, peintures murales, sculptures, toutes ses œuvres sont des “structures” en forme de grilles, de cubes ou de cages lorsqu’elles sont en volume, et sont faites en cela d’entrecroisement de lignes.

Un art profondément rationnel, structuraliste, à la fois minimal et conceptuel, dont la logique profonde ne peut toutefois se comprendre qu’à la lumière du rapport singulier que Sol LeWitt entretenait à la logique et à la rationalité :

« 1. Les artistes conceptuels sont plutôt mystiques que rationalistes.
2. Les jugements rationnels succèdent aux jugements rationnels.
3. Les jugements illogiques amènent de nouvelles expériences.
4. L’art formel est essentiellement rationnel.
5. Les pensées irrationnelles peuvent être suivies à la lettre et logiquement. »

Sol LeWitt, « Sentences on Conceptual Art » (1969), in Charles Harrison, Paul Wood (éd.), Art en théorie, 1900-1990, Paris, Hazan, 1997).

Pour cette conférence, il sera question du rôle, de la signification et des effets de la ligne dans l’œuvre de Sol LeWitt. Les propos de notre conférencier seront « illustrés » en temps réel par les textes et dessins de Miu Matzo, artiste géométriste en résidence au MIRB, elle-même grande traceuse de lignes, par ailleurs fascinée par la pêche, avec pour seule contrainte une indication quantitative : « 100 lignes maxi ».