juil 02

UV conférence : Jean Eude Balboni

Jean Eude Balboni (né en 1961) est à la fois écrivain et artiste plasticien, deux activités qui entreront en interaction à l’occasion de cette conférence. Simultanément au défilement d’un diaporama « arrangé » de ses œuvres, l’artiste proposera en effet une lecture publique d’un texte littéraire qui éclaire particulièrement la compréhension de son travail plastique.

La pièce Bronzer avant l’été, composée principalement de lampes à U.V., sera installée dans la salle de conférence.
Peaux sensibles s’abstenir. Crème « écran total » recommandée.

juin 04

Ludo conférence : Robert Filliou

Diplômé d’économie, fonctionnaire de l’ONU, baigné de philosophie zen, Robert Filliou (1926-1987) est un poète et un artiste qui compte parmi les plus important du XXe siècle et dont la postérité est véritablement incommensurable.

Son œuvre humaniste, drôle, spirituelle et protéiforme, sera présentée grâce à une conférence qui se déroulera à la manière d’un jeu de société. Avec la participation des spectateurs/joueurs, trois parties se succéderont en écho à trois célèbres déclarations ou principes de Robert Filliou :
• « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art »
• L’art comme organisation des loisirs
• Le principe d’équivalence : « bien fait, mal fait, pas fait »

mai 07

Rando conférence : Le groupe Spatius : Edmond Baroude, Melaine Galla, Mary Tuped et les autres 

Rendez-vous devant le MIRB à 17h00 pour le départ d’une randonnée urbaine qui sera l’occasion de découvrir le travail du groupe Spatius.
« Le groupe Spatius, réunissant une dizaines d’artistes des années 1950 (peintres, sculpteurs et architectes) fait partie des grands oubliés de l’histoire de l’art, sans doute en raison de ses ambiguïtés.
En prônant « la réappropriation du réel » et en déplaçant les lieux de l’art, les artistes Spatius ont formulé une première critique du modernisme au moment même de son apogée. Mais si leurs œuvres « localisées », dans la rue, en périphérie urbaine, en milieu rural ou dans les grands espaces naturels, rejetaient le détachement au monde du modernisme et la fracture qu’il induisait entre l’artiste et la société, elles en conservaient néanmoins l’esthétique, d’où leur faible influence sur les expériences qui ont résulté d’enjeux similaires dans les décennies suivantes »
(Marc de Saint Omange in « Spatius, un oubli injuste ? », actes du cycle de conférences L’Histoire de l’art amnésique, éd. de l’IBHA, 2007.)

avr 02

Aérobic conférence : Francis Alÿs

Après une formation d’ingénieur et des études d’architecture, Francis Alÿs (né en 1959 à Anvers) part vivre en 1987 à Mexico, ville où il fera ses débuts en tant qu’artiste.
A travers l’observation des paysages urbains et par l’expérience de la marche, qui est à la base de son travail, Francis Alÿs dévoile les visages cachés de la ville et les problématiques politiques et sociales qu’elle fait émerger.

Conjointement à la conférencière du MIRB qui s’intéressera à l’image de la ville chez Françis Alÿs, un professeur d’aérobic proposera un décryptage du rôle du corps dans sa pratique artistique, et proposera un cours de gym en s’appuyant sur cette expérience.

Tenue sportive conseillée.

mar 05

Dîner conférence : Jules Dencèle

Jules Dencèle (né en 1949) est un artiste trop peu connu au regard de l’influence souterraine qu’il a exercé sur l’art de ces dernières décennies.
Grâce au travail de recherche récemment effectué à ce sujet par les Archives du MIRB, nous pouvons désormais avoir une meilleure vue d’ensemble de l’œuvre proliférante et éclatée de ce personnage à la fois rigoureux et fantasque.

En sa présence et avec la directrice des archives du MIRB, nous suivrons son parcours artistique tout en partageant à une tablée géante un repas concocté par des grands chefs, d’après les recettes de l’artiste.

Réservations recommandées : republique.bananiere@gmail.com

fév 06

Origami conférence : Dick Higgins 

Dick Higgins (1938-1998) est un artiste « Intermedia » dont l’œuvre s’inscrit à la fois dans le domaine du théâtre, de la musique, de l’écriture et des arts visuels. Témoin et acteur privilégié de l’avant-garde artistique des années 1960, on le compte généralement parmi les artistes Fluxus, dont il publia de nombreuses œuvres avec sa maison d’édition fondée en 1964 : Something Else Press.
Cette conférence sera l’occasion de présenter l’activité éditoriale de Dick Higgins au sein des diverses maisons d’édition qu’il dirigea. Cela devrait permettre d’avoir un aperçu exaltant des expériences artistiques les plus innovantes et les plus audacieuses de son temps.

Un atelier origami sera organisé après la conférence, avec les feuilles de trois livres édités par Dick Higgins mais malheureusement endommagés de façon irrémédiable.

jan 27

Artiste : Bérénice Merlet
Œuvre : Sans titre, papier peint, 2008

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détail du papier peint Sans titre de Bérénice Merlet

Le fantasme de Martine

Bérénice Merlet vient de remporter le prix de la jeune création avec un prénom de fillette et une œuvre tout aussi référencée à un univers enfantin un peu désuet. En effet, le motif de son papier peint Sans-titre trouve son origine dans une image de Martine, le célèbre personnage de livres illustrés qui témoigna d’un certain idéal dans les années cinquante et soixante. Martine reste aujourd’hui un classique de l’édition jeunesse, bien que les critiques dénoncent une œuvre rétrograde et sexiste. C’est peut-être une des raisons pour laquelle ses aventures ont fait l’objet de tant de dérives humoristiques, notamment sur le Net, où depuis le buzz du site web Martine Cover Generator on ne compte plus les détournements de couvertures. De ce personnage quasi tombé dans le domaine public, Bérénice Merlet a conservé le dessin d’un réalisme naïf ; celui qui avait rendu célèbre l’illustrateur de Martine, le belge Marcel Marlier (étonnante similitude d’ailleurs entre les noms propres de l’un et l’autre). Les couleurs, pastels, se sont effacées au profit d’un fond uni, rose pâle. Comme tiré de l’Album de 1974, Martine fait la cuisine, le dessin de Bérénice Merlet met en scène une figure féminine plongée dans les préoccupations d’un univers bourgeois. Mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs : la fillette est devenue femme, et la réplique beaucoup moins innocente : « Je sais qu’il n’aime pas que mes seins ». On se demande alors : le succès de Martine doit-il à une fascination pour l’ingénue, une sorte d’attirance perverse pour la « sainte nitouche » ? La puissance sexuelle de la jeune fille est en effet récurrente dans bon nombre d’œuvres populaires. Ainsi le film de Jean Rollin, Les deux orphelines vampires (1997), conjugue habilement horreur et volupté, enfance et érotisme. Chez le cinéaste français, hissé au panthéon du fantastique aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les films sont classés série B et mettent en scène des personnages féminins pathétiques et kitch à la fois. On retrouve ce mélange des genres chez Bérénice Merlet, qui joue sur le décalage entre une représentation ou un geste d’apparence candide et un sens de la phrase osée. Léchez-moi les bottes (2005) et Vous êtes conviés à venir vous boutonner à moi (2004) possédaient déjà cet assemblage délicieux entre la politesse et l’audace, les bonnes manières et la sensualité.

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vue de l’exposition Build’in à Nantes.

Le choix de Bérénice

Le temps des heures de travail (comme pour la couture des boutons de Dentelle de Bal) a disparu pour laisser place au temps de la reproduction mécanique du papier peint. Mais le geste lancinant est toujours présent dans l’image de cette femme cuisinant et se répétant inlassablement : « Je sais qu’il n’aime pas que mes seins ». S’en convaincra-t-elle ? La proximité d’un papier peint dans l’espace privé d’une chambre ou d’un salon convaincra-t-elle toutes les femmes ? Mais on aimerait aussi qu’il nous aime pour autre chose que pour notre tarte aux pommes. L’action inappropriée face au propos achève de donner à cette œuvre son ironie aux airs de ne pas y toucher. Car ici, c’est bien de sexualité et d’émancipation dont il est question. Aux canons du nu en histoire de l’art, comme aux photographies de mannequins d’un Helmut Newton contemporain, Bérénice Merlet répond par un petit bout de femme un peu brouillonne et boulote. On croirait entendre Virginie Despentes dans son dernier roman, King Kong Théorie : « J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas ». L’artiste, pour qui la rencontre, l’intimité, le précieux et la nostalgie font partie de l’iconographie féminine, nous renvoie à une foule de clichés qui ont la vie dure. Mais l’œuvre récompensée par le prix de la Jeune Création n’est pas anodine. Homme ou femme, elle renvoie le spectateur aux limites de notre société prétendue évoluée. Avec ses manières délicates mais non moins percutantes, Bérénice Merlet nous expose un choix terrifiant : être une femme qui sait séduire ou une femme qui sait épouser ? être une femme qui sent le sexe ou une femme qui sent le gâteau du gouter des enfants ? Bérénice Merlet ne fait pas partie de celles à qui les choses conviennent telles qu’elles sont. Simplement elle attend, s’immisce discrètement, grignote tout doucement et perturbe sans en avoir l’air.

Marie de Boüard pour la République Bananière

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Vous pouvez télécharger le papier peint de Bérénice Merlet au format pdf •ici•

La République Bananière se propose de vous imprimer des rouleaux de l’œuvre de Bérénice Merlet.
Chaque mètre (1mx0,9m) vous coûtera 50 €.
À chaque mètre acheté, il sera également imprimé un mètre pour l’artiste.
Pour tout renseignements complémentaires ou commandes contactez-nous.

jan 02

Bowling conférence : Briac Corneillon et Tony McPharell

En écho à l’exposition Miroir, Briac Corneillon & Tony McPharell, les conférenciers du MIRB s’intéresseront aux impressionnantes similitudes qui réunissent ces deux artistes avec 30 années d’intervalle. A travers leurs œuvres, ils feront part d’une réflexion esthétique et philosophique sur la répétition, le hasard, et l’interprétation de l’œuvre d’art en fonction de son contexte historique et culturel, afin d’élucider le « bug » que ces deux artistes ont déclenché dans l’histoire de l’art.

En guise d’entracte, Briac Corneillon et Tony McPharell donneront des leçons de bowling dans le patio du MIRB, aménagé à cet effet. Un mini championnat ouvert à tous aura lieu en soirée, à l’issue de la conférence.

déc 05

Foot conférence : Francis Picabia

Francis Picabia (1879-1953) est un artiste inclassable : peintre, poète, passionné de cinéma et de photographie, propagateur de Dada à New York et à Paris, il s’est aussi intéressé à l’impressionnisme, au fauvisme, au futurisme, au surréalisme, à la figuration académique et à l’abstraction. C’est sans doute son caractère iconoclaste, provocateur et polémiste, particulièrement à l’œuvre dans son aventure Dada aux côté de Duchamp, Man Ray et les autres, qui fait de lui un artiste majeur du XXe siècle.
A travers quelques œuvres appartenant à la collection du MIRB, cette conférence s’intéressera aux aspects les moins connus de la carrière de Picabia : les scénarios de cinéma, les décors de ballets, la peinture de style académique.

Dans le cadre de notre programme « déterritorialisation de l’art », cette conférence sera retransmise en direct sur les écrans géants des tribunes du Stade National, avant et pendant le match de foot qui aura lieu ce jour là pour le championnat.

nov 07

Disco conférence : 4 artistes dont l’âge cumulé ne dépasse pas 85 ans

L’une des missions essentielles du MIRB est de collectionner les œuvres qui sont des jalons significatifs de l’histoire de l’art moderne et contemporain. Mais le MIRB est aussi une institution attentive à la création en train de se faire. Il ne s’agit pas pour nous de choisir a posteriori les chefs d’œuvres que le temps (en fait la critique et le marché) nous aurait transmis, mais de prendre part activement à la création contemporaine en acquérant les œuvres d’aujourd’hui pour les conserver dans le futur. C’est donc tout naturellement que la collection du MIRB compte des œuvres d’artistes très jeunes.
La conférence du mois de novembre aura pour objectif de présenter quatre acquisitions récentes d’artistes ayant chacun une vingtaine d’année : Kenny Martin, Marc Petittalus, Hermine Salon et Xavier Lepreste.
Quatre œuvres qui traduisent à la fois une maturité artistique déjà accomplie et un fort potentiel en devenir. Quatre œuvres qui nous pousseront aussi à nous interroger sur le statut des jeunes créateurs : qu’est ce qu’être artiste aujourd’hui ? Comment affronte t-on le monde de l’art lorsque l’on est un tout jeune artiste ? Etre jeune est-il un avantage ou un handicap pour un artiste dans une société qui évolue entre jeunisme et mépris envers l’inexpérience supposée de la jeunesse ?

La conférence sera ponctuée par les sets électro-lounge-aérobreak-funky-progressifs de DJ moineau, histoire de contextualiser le propos.