déc 16

Partie 3 : 3èmes parties (la belle)

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Le journal officiel n°3 est téléchargeable • ici •
C’est un A3 recto/verso que vous devez plier en 4.

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déc 15

Description et analyse esthétique d’une partie de baby-foot.

Cadre et Structure / Mouvement.
Il y a une infinité de manières d’appréhender une partie de baby-foot, mais que l’on soit joueur ou spectateur, toutes reposent en partie sur une analyse visuelle et formelle du jeu.
Un terrain de baby-foot, vu du dessus par les joueurs ou en perspective plongeante par les spectateurs, est une composition géométrique aux lignes mouvantes. Si l’on se détourne du hors champ du baby-foot pour se concentrer sur le plateau de jeu, on remarque alors qu’il n’est pas seulement une miniaturisation d’un terrain de foot. Un baby-foot est aussi une abstraction, en ce qu’il est une schématisation géométrique de la réalité, reposant sur une composition en grille. On peut dire qu’une partie de baby-foot résulte des variations horizontales de cette grille.
Le changement d’échelle qui s’opère entre le baby-foot et la réalité s’accompagne donc aussi d’un changement des codes de la perception, changements qui inscrivent le baby-foot dans le domaine de la représentation.
Parce que les lignes de force qui structurent le baby-foot sont mouvantes, celui-ci s’apparente à une composition cinétique, dont l’autre particularité est d’inclure pleinement le cadre délimitant l’objet à l’objet lui-même : il est impossible d’envisager une partie de baby-foot sans les bords qui délimitent le terrain.

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Couleurs / Nuances / Effets de matières.
Trois couleurs principales sont déterminantes dans un baby-foot : le plus souvent, il s’agit du vert, du bleu et du rouge. En permettant de matérialiser visuellement le terrain de jeu et les deux équipes qui s’y affrontent, les couleurs contribuent à la compréhension de la partie de baby-foot, notamment pour les spectateurs.
En même temps, les effets visuels et les effets de matière qui surgissent dans l’aire de jeu - délavements, ombres, reflets, usures, porosités - peuvent détourner l’attention de celle-ci. La partie devient alors une pure visualité, un réagencement constant de formes et de couleurs qui perdent leur signification ludique et sportive pour devenir une simple réalité sensorielle.


Circulation.
Au sein de la structure unifiée du baby-foot, il s’opère de façon plus ou moins aléatoire une circulation transversale de la balle de jeu.
La trajectoire des balles échangées au cours d’une partie est déterminée par des mouvements simples de roulement et de rebond - en avant, en arrière, latéralement, en diagonal ou de façon circulaire - qui cependant, offrent une multitude de variations et de combinaisons possibles.
D’autre part, la circulation de la balle de baby-foot obéit à des rythmes qui déterminent le déroulement de la partie : accélérations, ralentissements, arrêts, relances.
Non seulement cette circulation est ce qui apporte à la partie sa substance visuelle, mais de plus, elle génère une activité sonore qui crée un lien entre la table de baby-foot et son environnement extérieur qu’est le bistrot ou la salle de jeu.

 

Hors champ et comportements.
Un léger déplacement du plateau de jeu vers ce qui anime la partie, à savoir les joueurs, permet de prendre conscience de la dimension sculpturale et performancielle du baby-foot. Un glissement se produit, de la dimension visuelle propre à la table de jeu vers la valeur sociale du jeu dans son ensemble.
En effet, une partie de baby-foot est une épreuve qui informe et qui anime le corps des joueurs. C’est aussi un moment d’interactions : interactions verbales (discussions, remarques, compliments, reproches) mais aussi corporelles à travers l’interface de la balle (passes, contres, remises en jeu, etc.)
Il serait même judicieux de dire que le baby-foot est un objet relationnel, en ce qu’il assure une médiation entre le joueur et un environnement ouvert qui appartient à tous.
Par ailleurs, le baby-foot est un objet de nostalgie par excellence. L’affection du joueur pour le baby-foot est due en grande partie aux souvenirs que celui-ci stimule en lui, souvenirs attachés à une ou des époques de sa vie, souvenirs à la fois personnels et constitutifs d’une mémoire collective. En cela, le baby-foot est aussi un lieu d’édification de l’histoire ordinaire : non pas l’histoire des grandes dates et des grands hommes, mais celle du quotidien et de sa lente évolution à travers les décennies.

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déc 15

 

déc 14

déc 14
vendredi 14 décembre, Bar le Galop’in, Nantes.

Le Galop’in est une institution de quartier parfaitement représentative des bars PMU : vitrine verte, enseigne en néons, table formica, sol carrelé, chaises en métal noires avec assise en fausse vannerie, cendriers en plastique, tableaux à l’effigie de marques de bières et, bien sûr, un fond sonore mêlant bruits de comptoir et courses hippiques. Un PMU, c’est un peu la rencontre du kitch ordinaire et de l’esthétique minimaliste.

C’est dans ce décor qu’a eu lieu la première manche du 3ème J.O. de la République Bananière. Avec la bienveillance du patron qui a accepté d’allumer les lumières de la salle arrière de son bistrot, les joueurs ont “réactivé” un baby-foot qui n’était plus utilisé depuis la fin de la dernière année universitaire, les joueurs ayant semble t-il déserté le terrain.

Deux équipes se sont constituées spontanément après que les joueurs aient commandé un café. Brice Collonnier et Julien Nédélec ont ainsi affronté Jérôme Dupeyrat et David Legrand, en huit parties.

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Le baby-foot du Galop’in mérite d’être décrit un tant soit peu compte tenu de son apparence des plus séduisantes. Proche du traditionnel Bonzini B60, il est en fait d’une marque non identifiée, mais possède toutes les qualités requises. Construit dans un bois brun patiné par les années, son charme résulte sans doute en grande partie des cages de but : des cages en métal, ajourées de petits carrés régulièrement espacés, imitant donc un filet. Le plateau de jeu, délavé mais en bon état, remonte particulièrement dans les angles. Les balles, en liège, sont distribuées par 11 après introduction de 50 centimes dans le monnayeur.

Si au sein de la première équipe, les deux joueurs ont effectué des rotations régulières aux postes de défense et d’attaque, en revanche, au sein de la seconde équipe, il est clairement apparu que les joueurs étaient plus à l’aise chacun à un poste bien défini : David Legrand à la barre arrière, et Jérôme Dupeyrat à la barre avant. Les rotations furent donc beaucoup moins fréquentes.
Respectant un protocole généralement en usage, les équipes ont changé de côté à chaque nouvelle partie. En bref, disons que cette première manche s’est tout à fait déroulée dans les règles de l’art.

La première partie, engagée dans un esprit mêlant enthousiasme, respect et rivalité, fut rapidement interrompue par l’arrivée des cafés commandés peu avant au comptoir. A la table du baby-foot comme à celle du bar, où huit cafés furent consommés au total, les discussions se sont articulées autour de quelques sujets récurrents : les projets respectifs des joueurs, la République Bananière, Robert Filliou, et, cela va de soi, le baby-foot.

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Observer des parties à quatre joueurs offre un spectacle qu’on ne se lasse jamais de rapporter ni de commenter. L’étincellement des footballeurs miniatures et des barres sur lesquelles ils sont fixés, leurs ombres sur le plateau, les claquements de la balle, la fusion du corps ployé des quatre joueurs avec le baby-foot, transformant le jeu en une sculpture mouvante, l’ambiance sonore du bistrot, ne doivent pas en faire oublier la réalité du jeu.

Les parties furent d’une qualité plutôt appréciable. Elles ont été ponctuées de fréquents demis, ainsi que d’un nombre un peu trop élevé de fautes - reprises, râteaux et pissettes - commises le plus souvent par l’équipe Dupeyrat/Legrand.
Un lob involontaire a été raté de peu par chacune des équipes. Collonnier et Nédélec ont pratiqué la repêche de façon régulière, surtout à la fin des parties où ils furent mis en difficulté.
Bien rythmé grâce au niveau technique relativement égal des deux équipes, le jeu était suffisamment mouvementé pour capter l’attention mais souffrait néanmoins d’un manque de rapidité, la balle ne circulant pas toujours très vite sur l’aire de jeu. On ne saurait toutefois reprocher la lenteur à des personnes dont le travail nécessite et mérite du temps et de l’attention. Trop d’oeuvres et trop de productions de la pensée souffrent d’une lecture hâtive, à une époque où l’on consomme l’art plus qu’on ne l’appréhende.

Bercée par la rumeur environnante - un écho du réel - les joueurs de baby-foot ont néanmoins tendance a être rapidement absorbés par le jeu au point de s’isoler dans une réalité autre. Le jeu à ceci de spécifique et de paradoxal qu’il offre souvent une représentation du monde tout en permettant de s’en échapper. Tout comme l’art, le jeu se construit dans une tension entre le réel et le fictif, le vrai et le faux, l’extérieur et l’intérieur, le public et le privé. L’altérité se rappelle généralement au bon souvenir des joueurs au moment de payer la note, action qui les oblige à se diriger du baby-foot vers le comptoir, avant de rejoindre la rue.
Le comptoir du Galop’in permet un retour en douceur vers le réel. Entouré par le patron et par la clientèle fidèle du bar, les conversations y sont tempérées et diversifiées. Après avoir réglé les cafés et échangé deux ou trois mots avec des consommateurs qui leur ont indiqué d’autres lieux où se pratique le baby-foot, les joueurs ont ainsi pu rejoindre la ville avec le sentiment d’avoir occupé leur journée de façon particulièrement constructive.

Brice Collonnier & Julien Nédélec 5 - 3 Jérôme Dupeyrat & David Legrand

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déc 14

“Tu joues ? Gamelle, pissette et autres concepts…”

L’air(e) de rien, le baby-foot est ce qui rend le bistrot plus intéressant que le baby-foot.
L’authentique baby-foot de café c’est : 4 pieds, 1m50 x 1m x 0,95m pour 90 kilos, un terrain de jeu vert, deux fois quatre barres, soit deux fois onze joueurs, des bords relevés, un monnayeur, un certain nombre de balles de liège, quatre cendriers, deux bouliers, deux couleurs, une salle enfumée, du brouhaha, de la monnaie s’il-vous-plaît, une musique qu’on n’écoute pas, un ou deux adversaires improvisés, une revanche - une belle, un éclairage qui joue, des regrets, de la chance, des onomatopées, des moins jeunes - des moins vieux, des accidents corporels, de la moiteur - ça glisse, des questions, un claquement…
Parce que sa description ne s’épuise pas, le baby-foot n’est ni juste un objet, ni juste un jeu, ni juste un lieu ; il agit dans un espace potentiel entre soi et le monde : “nul être humain ne parvient à se libérer de la tension suscitée par la mise en relation de la réalité du dedans et la réalité du dehors (…) Cette tension peut être soulagée par l’existence d’une aire intermédiaire d’expérience (…) Cette aire intermédiaire est en continuité directe avec l’aire de jeu (…)” (D.W. Winnicott, Jeu et Réalité, L’espace potentiel (1971), Paris, Gallimard, coll. Folio/essais, 2002, p. 47.)
S’agit-il d’en parler ou d’aller jouer ? Faire les deux, c’est faire le Journal Officiel de la République Bananière n°3.

déc 13

Le journal officiel n°3 sera rédigé du vendredi 14 décembre 2007 au dimanche 16 décembre 2007.

4 élus-citoyens participeront à ce journal officiel de La République Bananière :

  • Brice Collonnier
  • Jérôme Dupeyrat
  • David Legrand
  • Julien Nédélec

Le sujet du journal officiel n°3 est :
“Tu joues ? Gamelle, pissette et autres concepts…”

La création du journal se déroulera du vendredi 14 décembre 2007 à 10h au dimanche 16 décembre 2007 à 23h00.

Vous pourrez, tout au long de ce week-end, assister à l’élaboration de ce journal officiel via le site : http://www.republiquebananiere.net

Je vous rappelle qu’il est désormais possible de devenir citoyen(ne) de la République Bananière en vous rendant sur la page devenir citoyen(ne).